Vendredi, 14 décembre 2007
Numéro 132

La résistance par l'absurde

La résistance par l'absurde

La folie prend toutes sortes de formes et de couleurs.

La folie qui fait de la résistance par l'absurde,
la folie engagée dans la lutte contre la bêtise,
la folie créatrice qui peint le ciel de la couleur de l'espoir,
la folie qu'on enferme car elle est hors des normes imposées.

La folie de Érasme de Rotterdam dans son magnifique livre «Éloge de la Folie ».

La folie des nez rouges coiffés de passoires à spaghettis,
debout sur les barricades devant les forces répressives.

La folie toute simple, celle de tous les jours.

Cette folie qui nous aide à ne pas devenir malade
et mourir devant la cruauté des militaires et des banquiers.

Moi je suis fou depuis plus de 57 années.
Tout jeune je jouais avec mes sept amis imaginaires.

Ces mêmes amis que j'ai dû abandonner à la porte de l'école à ma première année de primaire.

Je les ai cherché durant toute ma vie et à cause de cette quête
je les ai revu dans les récits fantastiques de Rabelais, Coluche, Mula Nasrudin,
Patch Adams, Jerry Rubin, Sol et tous ces fous et ces folles magnifiques
qui ont jalonné mon parcours de vie.

Toutes ces fêtes de la folie qui ont égayé les centaines de livres
relatant l'histoire de mes amis du passé.

Ma bibliothèque est pleine de ces récits foulosophiques qui ont perturbé leur époque.

Dans «Le Sceptre et la Marotte» l'auteur Maurice Lever
raconte avec brio les aventures des fous du roi.

J'ai cotoyé plusieurs fous et folles mais hélas je n'ai pas su les garder près de moi.

Étant trop préoccupé par ma petite personne, cela m'a fait perdre bien des alliés nez.

Mais j'ai toujours oeuvré dans le courant de la dérision.
J'ai toujours cherché l'idée, la farce foulosophique.

Aujourd'hui j'en suis à tenter de convaincre les folles et les fous de joindre le cercle politique
que d'autres fous et des folles ont créé, le parti neorhino.ca.

Un parti qui veut justement que ces elfes rieurs et ces sorcières enjouées
puissent prendre la parole à défaut de prendre le pouvoir.

Mon but a toujours été de vivre intensément cette folie qui est en moi,
de la laisser s'épanouir au dépens d'une sécurité financière.

Beaucoup d'amis sont devenus riches et se sont retirés dans leurs manoirs,
d'autres sont devenus sérieux dans leurs écrits et leurs révolutions.

Je suis resté seul avec mes envies de rire.

Je n'ai jamais su vendre mes folies, je les donnais à ceux qui en voulaient.

Humorissionnaire, je tentais de convertir la société toute entière
à cette douce folie qui libère de l'angoisse de la vie.

Dès que je reçois un message qui parle de folie, je réagis, je frémis
à l'idée de croiser le chemin d'une nouvelle lueur d'espoir qui brille dans les yeux d'un clown.

Nous sommes les bouffons du maquis et nous tentons de mettre un peu de folie douce
dans cet univers si sérieux qu'il préfère la guerre à la vie.

Je suis rendu à vivre avec très peu et même le minimum j'ai de la difficulté à le trouver.

Ça me pousse à réduire au maximum mes dépenses, je vis la simplicité involontaire.

Je vais dans des cercles de réflexion sérieux
et j'essaie de leur dire la nécessité de rendre ludique les actions politiques.

Ils me sourient et continuent leurs débats
sans se rendre compte de l'importance de rire surtout dans les cercles de la révolution.

Résister à la bêtise humaine demande beaucoup de courage
et la folie est cette gourde remplie d'élixir de vie qui nous donne une énergie vitale.

Maurice Lever dit dans son livre :
«L'oppresseur ne compose jamais avec le rire, c'est l'hommage qu'il rend à sa puissance.»

C'est le cri du fou qui résonne dans l'écho de la modernité
comme une chanson de troubadour qui appelle à la réfolution.

Peuple de la terre, honorez vos bouffons, écoutez vos foulosophes.

Ne les enfermez pas dans des conclusions trop hâtives.

Entendez leurs chants délirants dans le ciel coloré de vos rêves et de vos désirs.

Fousoi Gourd, foulosophe et niaisologue


NeoRhino / Resistance by the absurd

Madness comes in all sorts of shapes and colors.

The madness that is resistance by the absurd,
the folly committed to the fight against stupidity,
creative madness that paints the sky with the color of hope,
the madness that we hide because it is outside the accepted norms.

The folly of Erasmus of Rotterdam in his magnificent book «The Praise of Folly».

The folly of red noses wearing spaghetti colanders,
standing on the barricades in front of the repressive forces.

The simple madness, that of everyday day life.

This madness that helps us to not become ill
or dying because of the cruelty of the military and of the bankers.

I have been crazy for over 57 years.
When I was young, I played with seven imaginary friends.

Those same friends that I had to leave at the door on my first year of primary school.

I have searched for them throughout my life and because of this quest
I found them in the fantastic stories of Rabelais, Coluche, Nasrudin Mula,
Patch Adams, Jerry Rubin, Sol and all these magnificent fools
which have marked the course of my life .

All these celebrations of the madness that had enlivened the hundreds of books
recounting the history of my friends from the past.

My library is full of the stories of these foolosophers who have disrupted their own times.

In "The Scepter and Marotte" author Maurice Lever
brilliantly recounts the adventures of the king' fools.

I have known several fools, but unfortunately I have not been able to keep them close to me.

Being overly concerned about my little person, I lost many nozy allies.

But I always worked in the course of derision.
I have always sought the idea, the foolosophical joke.

Today I am trying to convince the insanes and the crazies to join the political circle
that other crazy and insane people have created, the neorhino.ca federal party.

A party that wants precisely that these funny elves and jolly witches
can take the microphone if they can't seize the power.

My goal has always been to live intensely this madness within me,
to let it flourish at the expense of my financial security.

Many friends have become rich and have withdrawn into their mansions,
others have become serious in their writings and their revolutions.

I stayed alone with my desires to laugh.

I have never been able to sell my follies, I gave them to those who wanted.

Humorissionnaire, I tried to convert the whole world
to this gentle madness that frees one from the anguish of life.

As soon as I receive a message that speaks of insanity, I react, I shudder
at the idea of crossing the path of a new glimmer of hope that shines in the eyes of another clown.

We are the jesters of the bush and we are trying to bring some fresh madness
in this universe so serious that it prefers war to life.

I have come to live with very little and even this is hard to come by.

It pushes me to minimize my expenses, I am an adept of the involuntary simplicity.

I visit circles of serious thinking people
and I try to tell them they need to make their political action enjoyable.

They smile at me and continue their heated debates
without realizing the importance of laughter especially in the circles of the revolution.

Resisting human stupidity takes a lot of courage
and madness is this gourd filled with the elixir of life that gives us a vital energy.

Maurice Lever said in his book:
"The oppressor does not deal with laughter, that's the tribute he pays to its power."

It is the cry of the madman that resonates in the echo of modernity
like a troubadour song which calls for refoolution.

People of the earth, honor your buffoons, listen to your foolosophers.

Do not seal them in hasty conclusions.

Hear their delirious songs in the colored sky of your dreams and of your desires.

Fousoi Gourd, foolosopher and featherbrained


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