Jeudi, 29 mai 2008
Numéro 183

2008-05-29 - 5à7 à la Casa obscura

5à7 à la Casa obscura

Cette fois-ci, c'est moi qui suis arrivé le premier,
alors en attendant les autres, je me suis étendu sur le divan dans un rayon de soleil.

Puis Patrice est arrivé et on s'est mis à parler
d'un grand édifice en construction auquel il travaille ces temps-ci dans le centre-ville.

J'y vais rarement dans le centre-ville,
mais j'y suis allé après-midi pour chercher un chèque et j'ai pris quelques photos en passant.

Les autres ont commencé à arriver, et François était en retard
parce qu'il a dû aller visiter un chenil à l'autre bout de la ville
car quelqu'un lui a dit que son chien perdu aurait pu y être.

Fausse alarme !

Mais François en avait long à raconter,
il est tombé dans la trappe la plus élémentaires sur internet :

Quelqu'un qui s'est fait passer pour la compagnie de courriels
lui a demandé de remplir un formulaire avec toutes ses information,
et François l'a rempli sans se douter de rien.

Alors la personne a usurpé son identité, changé son mot de passe
et elle a envoyé un courriel bidon à plusieurs amis de François
expliquant qu'il était pogné au Nigeria
et avait un besoin urgent de 2500$ pour sortir de là.

Sur quoi, Gilles s'est écrié :

- Quoi, c'était pas vrai ? moi j'ai déjà envoyé mon chèque...

Ce à quoi François a répliqué :

- Zut, si j'avais pas perdu mon carnet d'adresse j'aurais pu écrire à tout le monde
   pour leur dire que si y se dépêchent je pourrais me débrouiller avec 1250$.

Bon, ben là, on a essayé de ce concentrer sur un sujet,
fait que Gilles a demandé quelle était la position du neorhino
concernant le rapport de la Commission Bouchard-Taylor.

- Ben là, faudrait commencer par le lire, que je me suis dit.

François a fait un résumé des positions des autres partis concernant la religion,
ce qui nous a plongé dans un tourbillon d'idées que j'ai pas toutes notées...

D'une façon générale, les gens ont beau croire dans la religion qu'ils veulent,
mais nous on continue de proposer que personne ne devrait tenter d'embrigader
les enfants de moins de 16 ans dans l'une ou l'autre des religions.

Stéphan raconte que ça se passe école par école ces temps-ci,
par exemple, sa fille va dans une école de 1600 élèves où 10 religions cohabitent
en se partageant un local pour aller faire chacun leurs rituels au moment approprié.

Moi, j'me souviens que quand j'étais petit,
je savais que la messe achevait quand les madames sortaient les gants de leurs sacoches.

La plupart des religions me semblent avoir été mises sur pied par des gens
qui croyaient que la terre était plate, immobile, au centre de l'univers
et que tout le reste tournait autour de leur nombril.

Alors, tous leurs rituels, en français ou en latin,
n'ont jamais résonné très profondément en moi pour me convaincre de leur vérité.

On écoute les discours religieux et c'est comme si ils n'ont pas encore intégré dans leurs pensées
le fait que la Terre est ronde, qu'elle tourne et qu'elle est perdue au milieu de nulle part.

Imaginez alors le chemin qu'il leur reste à faire pour comprendre que nos atomes
pour refaire le plein d'énergie doivent se refondre dans la matrice à tous bouts de champs.

Ils n'ont d'énergie propre que pour quelques attosecondes.

Une attoseconde, c'est un milliardième de milliardième de milliardième de seconde.

Trois fois un milliardième, c'est pas long...

Ce qui est vrai pour nos atomes est vrai pour nous aussi,
alors que l'on croit dans quelque chose ou dans n'importe quoi d'autre,
qu'on soit beau, fin, fou, gros, mince, bronzé, gothique ou vieux hippie,
sans l'énergie du point zéro, notre durée de vie se calcule en attosecondes.

Alors, pour ce qui est de la religion, le parti adopte une politique très réaliste :

- Femmes du monde, levez les voiles et volez dans le ciel de votre propre liberté, s'écrit François.

Faisons une révolution créative pour instaurer la démocratie intuitive.

François dit que le mot démocratie fait vieux jeu.

J'ai dit que j'étais bien prêt à changer de mot,
mais pour quelque chose de mieux, pas pour quelque chose de pire.

Alors, en attendant de trouver mieux, on est pognés avec ce mot-là.

On est dans une sorte de maquis politiquement parlant.

Justement, comme François, moi, Jean-Patrick, Gilles, Sébastien Corriveau et sa blonde
on a assisté hier à une conférence organisée par des gens très politisés,
on a fait le compte-rendu de notre soirée au pavillon Alexandre-Desève de l'UQAM :

François et moi on est arrivés d'avance,
on a jasé avec des jeunes de Vancouver,
on a installé une table avec les affiches de la Fiesta cubana,
à travers les différentes organisations de travailleurs.

On a même vendu quelques billets pour la soirée du 18.

François pouvait pas rester pour la conférence
car Isabelle Brabant lui avait demandé de s'occuper de l'encan à la Maison bleue.

Je me suis installé à l'arrière entre Gilles et Jean-Patrick.

Au début de la conférence, les présentateurs on réitéré leur amour pour Celia Hart.

Elle n'occupe pas de fonction au gouvernement, elle est physicienne,
mais elle a écrit des livres et ce soir elle tente de répondre à la question :
Que va-t-il se passer à Cuba après le départ de Fidel.

En résumé, elle a expliqué que quand une tornade passe,
on s'accroche à ce qu'on a de plus précieux et on laisse aller le reste.

Bref, s'ils doivent choisir, les cubains vont laisser aller les broutilles
et vont défendre leurs acquis les plus précieux quitte à devoir reprendre les armes
et que par conséquent rien de fondamental ne va changer à Cuba après le départ de Fidel .

Elle a terminé en citant le Che à qui des étrangers avaient demandé :

- Comment peut-on aider la révolution dans votre pays ?

À quoi il avait répondu :

- En faisant la révolution dans votre pays !


Puis Jorge Martin a parlé de la révolution au Venezuela.

Il a expliqué les différences d'avec la révolution cubaine,
parlé des bons coups, de ce qui reste à faire, des dangers qui les guettent...

 

Finalement, Pierre Mouterde a parlé du Québec,
qui, même s'il est parfois en perte de vitesse dans certains dossiers,
a fait de grands pas dans la bonne direction sur le plan social.

Comme les trois avaient parlé de solidarité et de mieux se connaître,
quand j'suis allé au micro à mon tour pour annoncer la Fiesta cubana,
je leur ai dit qu'un geste concret à poser était de participer nombreux à l'événement
pour aider les gens d'Holguin dans leurs efforts pour la libération des cinq
et ainsi faire quelque chose d'utile tout en passant une fort agréable soirée.

Après mon annonce, on pouvait poser une question,
alors j'ai demandé à Mme Hart, si après Fidel,
ils allaient repenser le rôle des CDR ?

J'ai compris par sa réponse qu'ils continuent de voir les Comité de défense de la révolution
comme un outil pour séparer le bon grain de l'ivraie
et c'est peut-être là que nous, les coopérants québécois,
qui pensons plus bottom-up que top-down
pourrions apporter quelque chose à cette révolution.


(Note : la casquette avec l'étoile rouge, c'est Jean-Guy qui l'a ramenée de Cuba)

 

Là, la conversatin est partie dans plusieurs directions
(malgré les efforts de Sophie pour nous ramener à l'ordre).

 

J'ai pensé à un deal qu'on pourrait faire avec Harper :

On dit pas un mot pour les 100 millards supplémentaires pour l'armée
en autant que nous aussi on reçoit 100 milliards de plus
pour la culture, l'éducation, la santé et l'environnement.

 

Gilles a réaffirmé que la position du parti devrait être ferme
concernant le français et les religions.

1. Ici, ça se passe en français d'abord.

2. Les représentants de l'État ne doivent pas profiter de leur situation
    pour faire la promotion de leur religion (ni des autres religions).


À un moment donné, j'suis allé faire un tour du côté de la cellule parallèle
qui se tenait plus côté comptoir que côté salon...

 

J'ai pas écouté de quoi il était question dans leur réunion
mais à un moment donné François s'est levé pour leur dire
que leurs discussions enterraient les nôtres.

C'est là que François a eu l'idée de la semaine :

On va réunir Cuba et Québec dans le même pays qui s'appellerait «Cubec».

On est complémentaires : eux produisent des médecins et nous des malades !

Des méchants malades...

Va falloir en parler à Monsieur l'ambassadeur,
on pourrait même lui offrir un ministère a dit François
toujours prompt à penser à ce genre de choses.

Gilles a pas l'air certain, mais de toutes façons c'est lui
qui va s'occuper de nos hauts dignitaires lors de la soirée au Café Campus.

Et même s'il a le regard critique parfois,
Gilles est le premier à féliciter le peuple cubain
pour sa bravoure et sa détermination à résister à l'Empire.

Le tout sans perdre leur joie de vivre !

Bref, nous on s'amuse comme on peut,
puis ceux qui trouvent pas ça drôle, ben viarge, qu'est que ça vous prend ?

Sergio



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