Dimanche, 1er mars 2009
Numéro 245

Cabaret mystique

Cabaret mystique

Bonjour Neorhinistes du Monde

 

Comme je n'écris plus de chronique dans le BangBang, plusieurs m'ont demandé de continuer d'écrire dans le Neorhino.

Alors je suis dans la lecture de «Cabaret Mystique» de Alexandro Jodorowsy et je vous livre ce passage sur l'intellect: (page 237)

L'intellect peut questionner, mais il ne peut répondre; il peut croire, mais il ne peut créer; il peut imaginer, mais il ne peut connaître...

Celui qui s'enferme dans ses limites mentales finit par essayer de s'évader d son corps.

Il y une façon de s'unir au monde qui ne se fait pas à travers les paroles mais à travers les sensations.

Or l'ego intellectuel, enfermé dans la prison du moi personnel, nous trompe en nous apprenant à nous sentir de mille manières non authentiques, en nous inculquant des gestes et des mouvements stéréotypés, en nous faisant prendre notre peau pour une frontière, en divisant le corps en intérieur et en extérieur, en voyant le coeur comme une horloge dont la palpitation nous rappelle cette transformation lumineuse qu'il perçoit comme une punition fatale et appelle la «mort», en imprégnat la chair d'angoisse, en nous catalogant comme laids, beaux, gros, maigres, grands, petits, jeunes ou vieux: le corps a toujours quelque chose en trop ou en moins.

Il nous voile la possibilité de vivre notre organisme en l'utilisant dans toute son extension, il conçoit l'acte sexuel comme une calamité, nous oblige à assouvir nos appétits normaux dans un cadre entaché de honte, laquelle est fille ou petite-fille du concept de «péché».

Il ne nous autorise--comme succédané de ses critiques incessantes--que la rage sordide, l'envie, le désespoir, refusant obstinément que nous développions des sentiments sublimes comme l'amour universel, la bonté désintéressée, la reconnaissance sacrée ou l'extase de la liberté.

(...)

L'intellectuel limité développe quatre grandes craintes.

D'abord, l'espace. L'infini lui est intolérable. Par peur de l'informe, il dessine des architectures rectilignes et s'enferme dans des pièces qui sont des cubes.

Il craint aussi le temps. Il emplit sa vie de distractions pour oublier la brièveté de son passage en ce monde. Si l'ici est un cube, le maintenant est un produit d'horloges: il a l'impression d'avoir dominé l'éternité parce qu'il la porte au poignet, enfermée dans une machine.

Il craint la conscience. Il se contente de faire usage de dix cellules cérébrales, sans vouloir chercher dans les innombrables autres qui ne cessent de réaliser de mystérieuses connexions dans son cerveau. Avec l'orgueil, il reste dans sa cage de mots, se livre à la surconsommation absurde, transformant son angoisse en infantilité.

Il craint la vie. Il déteste le changement et s'accroche à ses valeurs ankylosées, exhibe ses souffrances avec un orgueil vaniteux, traite d'«extravagants», de «fous dangereux» ou d'«avortons diaboliques» ceux qui, dédaignant le politique, plaident pour le poétique; il critique avec fureur ces «idéalistes» qui, rejetant les révolutions, plaident pour une mutation mentale.

(...)

S'enfermer dans l'espace intellectuel, tel un ermite dans une forteresse, est une forme d'ébriété. L'individu, immergé dans son fleuve de paroles, dans son monologue intérieur, perd le contact réel avec le monde. Niant la multiplicité du cosmos, il tend à le simplifier par des formules. Mais toute simplification apporte des souffrances. Vivre dans une tromperie mentale fait naître l'angoisse...

Or l'ego intellectuel peut devenir une source de bonheur si on le fait muter, en injectant dans ses systèmes logiques sept lois magiques :

1-Le monde n'est pas ce que nous pensons.
2-Tous les systèmes sont arbitraires.
3-Tout est connecté avec tout.
4-Tout est possible.
5-Maintenant est le moment de pouvoir.
6-Tout est vivant et peut répondre.
7-Il y toujours une autre façon de faire quelque chose.

---

Alors j'espère que cela va vous titiller un peu le jello mental. Lisez ce magnifique livre.

François Yo Gourd

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Hello Neorhinists of the world !

As I don't write my chronic in Bangbang any more, several people have asked me to continue writing in the Neorhino newsletter.

So I am reading «Mystique Cabaret» of Alexandro Jodorowsy and I will pass on to you this part about the mind: (page 237)

The intellect can ask, but can't answer, it can believe, but it can't create, it can imagine, but it can't know...

He who shuts himself in his mental limits will eventually try to escape out of his body.

There is a way to unite with the world that is not through words but through the senses.

The intellectual ego, trapped in the prison of its personal self, misleads us by teaching us a thousand ways of not feeling authentic, instilling in us stereotyped gestures and movements, making us take our skin for a boundary, dividing the body between inside and outside, seeing the heart like a clock whose pulsing reminds us of this transformation into light that is seen as a death penalty and iscalled the «death», impregnating the flesh with anxiety, cataloging us as ugly, beautiful, fat, skinny, tall, short, young or old: the body has always something too much or not enough.

It hides the possibility to live our body by using it in all its extension, it considers the sexual act as a calamity, forces us to satisfy our normal appetites within a frame of mind tainted with shame, which is the daughter or granddaughter of concept of «sin».

It allow us - as a result for its constant criticism - only the sordid rage, envy, despair, stubbornly refusing that we develop sublime feelings like universal love, disinterested kindness, sacred recognition or the ecstasy of freedom.

(...)

The limited intellect develops four major fears.

First, space. For it, infinity is intolerable. By fear of the unformed, it designs an architectures of straight lines and hides itself in rooms that are cubes.

It also fears time. It fills its life with distractions to forget the brevity of its visit in this world. If here is a cube, now is a clock: the intellect thinks it has dominated eternity because it wears it on its wrist, locked in a machine.

It fears consciousness. It goes by, making use of ten brain cells, without searching the countless others that keep on constantly making mysterious connections in its brain. With pride, it remains in its cage of words, engages in the absurd over-consumption, turning its anguish in infantilism.

It fears life. It hates change and clings to its rigid values, exhibe its suffering with vain pride, considers as «extravagant» and «dangerous fools» or «diabolical dwarf» those who, disdaining the politic, plead for the poetic, and it critices furioulsy those «idealists» who, rejecting the revolutions, call for a shift of mind.

(...)

Locking oneself in the intellectual space, like a hermit in a fortress, is a form of intoxication. The individual, immersed in his river of words, in his interior monologue, loses contact with the real world. Denying the multiplicity of the cosmos, it tends to simplify it with formulas. But all simplifications brings suffering. Living in a mental deception causes anguish...

But, the intellectual ego can become a source of happiness if we transform it, if we inject into its logic systems seven magic laws:

1-The world is not what we think.
2-All systems are arbitrary.
3-Everything is connected with everything.
4-All is possible.
5-Now is the moment of power.
6-All is alive and can respond.
7-There is always another way to do something.

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So I hope this has tickled a little your mental jello. Read this wonderful book.

François Yo Gourd


Hola Neorhinistas del mundo!

Como no escribo más mi crónica en el periodico Bangbang, varias personas me han pedido que continúe escribiendo en el boletín Neorhino.

Así que estoy leyendo «Cabaret Mystique» de Alexandro Jodorowsy y les mando esta parte que habla de la mente: (página 237)

El intelecto puede pedir, pero no puede responder, puede creer, pero no puede crear, se puede imaginar, pero no puede saber ...

El que se cierra a sí mismo en sus límites mentales eventualmente tratara de escapar de su cuerpo.

Hay una manera de unirse con el mundo que no es a través de palabras sino a través de los sentidos.

El ego intelectual, atrapados en la prisión de su autorrealización personal, nos engaña a nosotros mediante la enseñanza de mil formas de no sentirse auténticos, inculcandonos gestos y movimientos estereotipados, nos hace tener la piel como a una frontera, que divide el cuerpo entre el interior y el exterior, al ver el corazón como un reloj cuyos pulso nos recuerda de esta transformación a la luz que se ve como una pena fatal y que se llama la «muerte», imprenando la carne con la ansiedad, catalogandonos como feo, hermoso, gordo, flaco, alto, corto, jóvenes o viejos: el cuerpo siempre tiene algo demasiado o que falta.

Esto oculta la posibilidad de vivir nuestro cuerpo mediante el uso de todo su extensión, se considera que el acto sexual como una calamidad, nos obliga a satisfacer a nuestros apetitos normales dentro de un estado de ánimo ensuciado de vergüenza, que es la hija o nieta del concepto de «pecado».

Como resultado de sus constantes críticas, sólo nos permite la sórdida rabia, la envidia, la desesperación, niega obstinadamente que desarrollamos sublimes sentimientos como el amor universal, la bondad desinteresada, el reconocimiento sagrado o el éxtasis de la libertad.

(...)

El intelecto limitado desarrolla cuatro grandes temores.

En primer lugar, el espacio. Para ello, el infinito es intolerable. Por el miedo de las cosas sin forma, diseña una arquitectura de líneas rectas y se esconde en las habitaciones que son cubos.

También teme tiempo. Llena su vida con distracciones para olvidar la brevedad de su visita en este mundo. Si aquí es un cubo, ahora es un reloj: el intelecto piensa que ha dominado la eternidad, porque la lleva en su muñeca, encerrado en una máquina.

Teme conciencia. Hace uso de solamente diez células cerebrales, sin buscar los innumerables otras que siguen haciendo constantemente misteriosas conexiones en su cerebro. Con orgullo, se mantiene en su jaula de palabras, se involucra en el absurdo exceso del consumerismo, convertiendo su angustia en infantilismo.

Teme la vida. Odia el cambio y se aferra a sus valores rígidos, exhibe su sufrimiento con vano orgullo, considera «extravagante» y «peligroso tontos» o «diabólico enano» aquellos que, en vez de la política, prefieren la poética, y critica fuertamente los «idealistas» quien, rechazando las revoluciones, llaman por un cambio de mente.

(...)

Quedarse atrapado en el espacio intelectual, como un ermitaño en una fortaleza, es una forma de intoxicación. El individuo, inmerso en su río de palabras, en su monólogo interior, pierde contacto con el mundo real. Negando la multiplicidad del cosmos, tiene que simplificarlo con fórmulas. Todas las simplificaciones, trae n sufrimiento. Vivir en un engaño mental causa angustia...

Sin embargo, el ego intelectual puede convertirse en una fuente de la felicidad si se transforma, inyectando en la lógica de sus sistemas siete leyes de magia:

1-El mundo no es lo que pensamos.
2-Todos los sistemas son arbitrarios.
3-Todo está conectado con todo.
4-Todo es posible.
5-Ahora es el momento de poder.
6-Todo está vivo y puede responder.
7-Siempre hay otra manera de hacer algo.

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Así que espero que este le ha revuelto un poco su gelatina mental. Leed este maravilloso libro.

François Yo Gourd


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