Jeudi, 13 août 2009
Numéro 302

2009-08-13 - 5a7 à la Casa Obscura

5a7 à la Casa Obscura

De quelques idio syncrasies particulières

Ya sa pichou
On avions que faire
Ya sa pichou, ma chemise de velours
Y faisait noir hier au soir
On avions que faire
D'une femme à chercher


Je ne sais quelle fantastique idéalité nous convie à nous métamorphoser parfois en brillants Iconologues de l'histoire contemporaine, la scrutant jusqu'à l'âme pervertie avec nos yeux d'isotopes; nous poussant aussi parfois, ahuris par la bêtise, à nous réfugier dans d'obscurs et imaginaires iconostases pour y contempler comme des iconolâtres le reflet de nos ombres byzantines. Il a aussi été question, dans la clandestinité et l'anonymat, de sociocratie, en écho peut-être à la théocratie iranienne; ou encore s'agissait-il, comme certains pataphysiciens éminents et imminents l'ont proclamé dans la discrétion la plus autoritaire, abstraite et acrobatique, de phallocratie? En tout cas, l'histoire et l'expérience nous enseigne qu'on exerce l'autorité avec les moyens qu'on a et sur qui l'accepte; et aussi qu'un usage immodéré du pouvoir conduit à une sur-évaluation et une sur-estimation de soi, dégénérant parfois en extase hallucinée.

Fidel Castro aurait eu, dit-on, 86 ans s'il n'était mort et même mort, il a 86 ans. J'ai vu rue Papineau, flotter le drapeau cubain, en berne.

Au centre de la table brillait l'esprit de Jacques (R.I.P.), qui marqua son passage parmi et avec nous, d'une flamboyante et poétique rébellion contre l'ignorance et la banalité.

C'était pour mettre quelques mots sur cette réunion, qui n'ont d'ailleurs qu'un rapport lointain avec elle.

Bon je vais me coucher, il est tard, je suis fatigué, il fait chaud, la raison m'abandonne, j'ai la fièvre, mon cœur palpite, mes lèvres cherchent le baiser, mes pas trébuchent dans l'absence, j'enjambe l'abîme et les angoisses du monde avec l'intrépidité et la sérénité du funambule et parfois je joue de la flûte de Pan au sommet de l'Illimani, l'écho de voix primitives me répond en oracles divins qui m'enseignent que la lumière sacrée et le rayon mystique tissent le jour d'arc-en-ciel et d'harmonie, je comprends parfois au fond d'une solitude innommable le sens de la cabale, la rose renaît chaque matin comme un miracle et nous rappelle la misère fraternelle de Jean Genet, le vin a le goût du miel, aussi les naïades enflamment-elles l'imaginaire du faune qui s'abreuve à la source des désirs lubriques charnels et comestibles, il est impératif de vaincre l'insomnie à tout prix car pour faire la révolution quelle qu'elle soit il faut être en forme, il suffit de voir avec quel acariâtre acharnement les soldats s'entraînent quotidiennement juste pour bien dormir la nuit, à ne pas oublier non plus qu'aujourd'hui quatorze août de deux mil neuf est le quarantième anniversaire de Woodstock, une pensée pour Jimmy Hendrix qui osa triturer et distordre et faire gémir de douleurs, de spasmes, de remords, de sanglots, l'hymne national américain, de l'orgasme permanent des participants témoignent de la supériorité de la nudité sur l'habillement du soldat, John Lennon nous l'a bien démontré qui illumina ce siècle de sa blanche et christique candeur et à qui on infligea la même insulte qu'à l'autre messie avec une arme lui tirant dessus ou serait-ce plutôt derrière de toute façon lâchement à lui qui toute sa vie en avait dénoncé l'immorale utilisation d'où le sens de l'expression l'arme s'est retournée contre lui mais elle se retourne une seconde fois contre les agresseurs et meurtriers car l'imaginaire, la candeur et la vérité des sages pacifiques survivra toujours à l'idéologie hypocrite et mercantile des banquiers, hommes d'affaires et politiciens qui sont honteux de leur nudité humaine pour ne pas dire nullité car nous ne sommes pas méchants, nous sommes éduqués, on voulait alors faire de nous l'élite pour reproduire le modèle et bien l'élite oui nous le sommes devenus, mais nous choisissons une autre direction encore mal définie mais tout de même on y arrivera, là ou ailleurs c'est pareil, la société est obèse de mensonges et d'illusions, nous devons maigrir à tout prix comme nous devons vaincre l'insomnie, vous vous rappelez quant à l'immortalité nous l'avons déjà conquise et la reconquerront de nouveau de la même façon que l'homme surtout d'affaires ira de plus en plus loin dans l'espace pour calmer son ennui sans s'approcher jamais de notre éternité retrouvée.


Gilles Chalifoux

 

 

Photos prises avec la caméra de Gilles par Gilles, Valéry et Serge


 

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