Dimanche, 10 janvier 2010
Numéro 365

À mon ami Florent Veilleux

À mon ami Florent Veilleux

À mon ami Florent Veilleux
et à tous les magiciens et magiciennes du monde.

Dans l'abîme du froid je reçois vos feux de bonheur.
À fixer le ciel si bleu et la neige si blanche je deviens aveugle de l'imbécile humanité.

Utopiste debout! ai-je envie de crier pour faire écho à ce slogan d'un siècle passé.

Toutes les forces de la créativité sont dispersées
tandis que les imbéciles du pouvoir sont tous sous la tutelle du tuteur.
Ensemble ils font dériver la banquise vers leurs lacs privés.

Pendant ce temps les rêveurs rêvent dans le silence de l'hiver.
Tous à regarder arriver la fin du monde merveilleux qu'ils ont connu.

Je viens de découvrir grâce à Gabrielle,
candide date du parti neorhino aux dernières élections partielles dans Hochelaga,
je viens de découvrir le Codex Seraphinianus.

Magnifique livre de plus de 350 pages.
Tout est là mon frère.
Vous pouvez le trouver sur Google.
Ça m'a fait du bien dans le néant central.
J'ai tout de suite repeint mon espoir.
Je me suis mis à léviter.

Je suis devenu cette toute petite particule qui contient l'univers tout entier.

Peut-on mettre l'univers dans un dé à coudre?
Peut on mettre tout le hasard dans un dé à jouer?
Peut on mettre tout notre compassion dans un dévouement?

Peut on cesser de se poser des énigmes
et se mettre à table pour avouer à la face du monde notre tristesse des autres.

Je suis un bouffon du maquis comme toi mon frère.
Vieux alchimistes de la machine à voyager dans le temps.
Je pense à toi dans ton capharnaüm.
Je te devine en train de replacer l'univers sur une toupie blessée.

Je cherche les formules magiques et les incantations des films à sensation.
J'ouvre mes mains afin d'en faire jaillir la lumière qui guérira la bêtise.
Je prie comme un saule sur le bord du lac doré.
Je gémis comme une taupe devant ses bébés écrasés.
Je rugis à m'arracher la vie.

Peine perdu, mon frère, je reste heureux comme un imbécile.
J'entrevoie la mort d'un oeil coquin.

Je m'évade dans les pensées suaves de Aurobindu et Satprem
et toute la poésie de la lumière intérieure.

Je mets au défis les usurpateurs et les dictateurs
et je relis mes amis, Noël Godin, Robert Dehoux, Coluche et Sol.

Le rouleau compresseur arrive sur notre dos large.
Mais nous sommes de l'éther
et nous répandons notre ozone foulosophique
dans les poumons artificiels de la terre.

Sous le blogue terrestre nous récitons nos illusions.
À qui veut l'entendre sur la face de bouc et autre repasseur de linge usagé.

Ta patente, ta vie, ton monde devrait être montré à la face du monde.
Ton génie devrait orner les plus grands musées du monde.
Peut-être quand tu seras mort, une motte d'hypocrites t'encensera jusqu'à la télé.

Mon frère je savoure encore la vision de tes oeuvres grandioses.
Elles ornent les murs de la caverne de Platon.

Saches mon frère que tu es un grand parmi les grands.

Bonne année, camarade

François Gourd


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